17/09/2012

ANDENELLE, un village d'histoires


La prochaine balade sera organisée le ... Tel 0476 99 64 74


Rendez-vous sur le parking de la Place Tombu à Andenelle à 14h00.
(Durée : environ 2 Hr - Coût : 3 euros)

Possibilité de balade à la demande par groupe de Min 6 personnes

 

RENSEIGNEMENTS : 0476/99 64 74

andenne,moulin,christian lariviere

 L’origine d’Andenelle reste plus qu’incertaine, mais l’on sait que les Romains y restèrent un moment ayant choisi ce village pour y faire passer une chaussée pour traverser la Meuse via un pont de pierre.

Le ruisseau qui y coule prend sa source dans le bois de Haillot et s’il n’est pas très vigoureux, il a vu la construction dans ses environs de plusieurs moulins. L’ingéniosité de l’homme a fait le reste.

Les ressources naturelles de la région et l’essor industriel a vu la création d’un vicinal passant en partie sur l’ancienne chaussée romaine.

La derle, une argile réputée de bonne qualité, a été utilisée pour la fabrication de maintes céramiques mais aussi pour les pipes en terre. Andenelle a vu son dernier pipier et sa dernière fabrique.

Que serait un village sans une église ? Celle d’Andenelle, dite des « Sarrasins », date du XIIè siècle. Un mélange de genres donnant en final un style vraiment très particulier.

 

Cette balade a été réalisée  par Christian Larivière (guide touristique) en collaboration avec l’Office du tourisme, ainsi que M. Sacré, conservateur du trésor de la Collégiale et les propriétaires  des moulins et bâtiment présentés dans ce livret.

Pour effectuer cette balade avec votre guide Christian, contactez le au N° 0476/99.64.74

 

Bonne balade.

 

 

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Au départ de la place Leon Tombu, face à la friterie, vous avez devant vous la maison espagnole,  rue du Chalet , aller tout droit jusqu'au cimetière d'Andenelle.

 

Place Léon TOMBU

 

 

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Léon Tombu est né à Andenne en 1866 et est mort à Bruxelles en 1958.

Peintre renommé, il a été directeur et professeur à l’école des Arts de Huy. Il étudia l’histoire de la céramique et était aussi un apiculteur averti.

Il peignait surtout les paysages de sa région dont il était amoureux, mais aussi des églises et des fleurs.

Une exposition lui a été consacrée fin 2008 à l’Hôtel de Ville d’Andenne.

 

 

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La maison espagnole

Source : Le Guetteur Wallon N°2 – 2005

 

Une remarquable construction en colombage du XVIè siècle

 

 

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L’architecture en colombage est un monde que nous avons connu surtout en Condroz où la pierre avait fait place au bois et à l’argile avant de la revoir avec la brique.

La maison espagnole côtoie l’église romane Saint-Pierre, dite des « Sarrasins » et la levée Namur-Huy crée en 1785.

Côté Ouest, c’est-à-dire rue du Chalet, elle porte le N° 1, côté Nord (Place L. Tombu) c’est le pignon en colombage. Sous le trottoir, coule le ruisseau d’Andenelle, canalisée en 1880 jusqu’à la Meuse via la rue des Pipiers.

Une bâtisse enclavait la maison espagnole. En 1932 elle fut démolie laissant apparaître son magnifique colombage.

Cette maison ne doit rien à l’Espagne ni à son art mais cette époque de l’histoire nationale était aux mains des Habsbourg d’Espagne (XVIè siècle).

Suite aux recherches, les plus anciens propriétaires connus appartiennent à la famille de Reppe au XVIè siècle, Jean Pierard dit de Reppe la reçoit en héritage de son père en juin 1563. A cette époque, il y avait une maison, un jardin, une grange, une étable, une forge et autres dépendances.

En 1655, Evrard Tassot restaure la maison détruite en partie par les guerres et il sollicite l’achat d’une placette devant la maison et de construire un petit pont pour passer le gué du ruisseau.

À partir de la fin du XVIIè siècle, cette maison sera louée.

A partir de 1857, elle passe aux mains d’étrangers.

Entre le XVIIIè et XIX7 siècles, la facade ouest est remplacée par un mur de pierre calcaire.

Surnommée « Maison au Fresne », il s’agit bien suivant les descriptions d’une petite ferme. Il y avait également une brasserie. Beaucoup de propriétaires se succèdent lorsqu’en 1920 la ville là rachète. La maison devant est abattue. En 1966, la commune là réaménage en habitation sociale unifamiliale, le tour des baies sont remplacés par des blocs de pierre.

Au départ le bâtiment principal contenait deux caves, quatre pièces rez-de-chaussée, une cuisine et deux chambres et plusieurs à l’étage. La façade Nord à part une nouvelle baie est quasi intacte et bien conservée. L’ossature est composée de poteaux verticaux, des entretoises horizontales divisent les travées. Il y avait probablement des fenêtres à meneaux mais rebouchées actuellement. Ensuite, une série de croix de Saint André. A l’intérieur, il ne reste plus grand chose d’originel. La charpente a été changée en 1960.

Il est assez difficile de dater cette maison seulement en la voyant. Une analyse dendrochronologique situe l’abatage des arbres du colombage entre 1556 et 1570.

La maison d’Andenelle est une des très rares en Wallonie à avoir conservé son rez-de-chaussée et un étage en encorbellement, c’est le témoin d’un type de battisse autrefois très répandu dans la cité des oursons.

En 2002 est mis un projet de préservation mais la maison a été vendue.

 

Arrivé au cimetière prendre à gauche, passer une maison colorée à votre gauche, continuer la route principale, elle vire à angle droit vers la gauche et au carrefour en T, vous êtes au Moulin Gobert.

 

 

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Le Vicinal

 

 

 

En ce qui nous concerne, le vicinal arrive sur notre parcours à partir du cimetière d’Andenelle, rue Grande France. Il rentrait à gauche par un chemin en gravier qui termine en cul-de-sac et réapparait au niveau du pont rue d’Haillot , traverse cette route et longe celle-ci à gauche pour les carrières, ensuite après la réserve d’eau de Gobert, retraverse à droite et remonte aux Aguesses (en wallon : pies) par le chemin goudronné qui passe ensuite derrière le moulin de Kevret en direction de Coutisse.

 

 

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La chaussée romaine et petite histoire d’Andenne

 

La vallée de la Meuse a servi au passage des troupes romaines, mais nos régions n’ont probablement pas été le théâtre de combats car ici il n’y avait que de vastes forêts et peu d’habitants.

La Gaule résistera le plus longtemps, mais la stratégie de César prendra le dessus. (50 AvJC).

Le pays est annexé à l’Empire romain et devient une province sous la domination de Rome.

Des colons romains se mêleront à la population pour reconstruire, apporter la civilisation et la langue romaine. « Rome a fait la Wallonie ».

Pour affirmer cette domination, les Romains tracèrent des routes. C’est ainsi que telle la corde d’un arc une route relie deux points de la Meuse : Dinant et Huy. Aux environs de Haillot, un diverticule se détache de cette route pour descendre vers Andenelle jusqu’à un pont de pierre construit par les Romains. Ce qui permettait d’avoir une communication Condroz – Hesbaye et rejoindre ainsi la chaussée Cologne – Bavay. Le pont ne sera détruit qu’en 1151.

 

Dès le 1er siècle, Andenelle est habité mais très peu et sans regroupement important.

 

Vers 406, c’est l’invasion des barbares. Les francs en profitent et s’installent doucement sur le sol belge. L’autorité des francs se substitue à celle de Rome, nouveau peuple et nouvelles frontières (les mêmes qu’actuellement plus ou moins).

Le premier Roi est Mérovée. La dynastie des Mérovingiens réside à Tournai qui en est la capitale.

Nos ancêtres envahissent les régions du Rhin jusqu’à la Somme. Le plus célèbre est Clovis né en 466. Il reconquiert la Gaule (la France actuelle) mais de ce fait nos rois quittent nos contrées pour s’installer à Soissons, Paris ou Orléans.

Nos régions ne constituent plus la préoccupation première mais elle s’en sortira grâce aux missionnaires aidés par l’une des plus illustre famille : les Pippinides, ancêtres des Carolingiens.

 

Pepin de Landen (580-640) et Itte Idoberge, son épouse, auront trois enfants : Gertrude, Grimoald et Begge.

 

 

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Gertrude, première abbesse du monastère de Nivelles fondé par sa mère.

Grimoald : Succède à son père et aura un fils Childebert dit l’Adopté.

Begge : se marie avec Ansegisel. Ils ont un fils, Pepin de Herstal (645-714). Après sa victoire à Tertry (687), Ansegisel, selon la légende, aura un autre fils trouvé : Gonduin. Il tuera son sauveur à Chèvremont. Après l’assasinat de son mari, Begge se réfugie dans une villa à Seilles. Elle décida de consacrer une partie de sa fortune au service de Dieu. Elle se rend à l'abbaye de Nivelles, fondée par sa mère. En 691, avec l'autorisation de l'abbesse Agnès, elle convainc alors plusieurs nonnes de la suivre lesquelles bâtissent ensemble le monastère à Andenne. Elle y meurt deux ans plus tard, le 17 décembre 693.

 

Pepin de Herstal marié à Alpaïde auront un fils Charles Martel (690-741)

Charles Martel aura deux enfants Carloman et Pepin le Bref  (715-768) qui est le père Charlemagne.

 

 

Le moulin Gobert ou Ernolet

 

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Il fut construit vers le XVIèS. Apparemment, un étang, une dépression naturelle dans le sol, recevant les eaux d’écoulement des collines voisines et la proximité du ruisseau furent peut-être les éléments qui favorisèrent la construction du moulin à cet emplacement.  Un barrage fut élevé dans le ruisseau, un canal apporte l’eau à la réserve, celui-ci est sous la route actuelle. On y voit encore la dernière passe de l’autre côté. Un mur a été construit lors de la création de la route pour soutenir les berges de l’étang.

 

 

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Les meuniers Tillieux – Une histoire de moulins.
Gilles Tillieux né au XVIIèS (Mort le 27 septembre 1714) était propriétaire du moulin de Treton et marié avec Marie Crevecoeur.

Thomas, l’aîné de ses fils, était propriétaire du moulin de Jodion, il décéda le 13 août 1731

Parmis leurs autres enfants, il y avait Théodore et Gilles.

En 1721 Théodore reprend le moulin Gobert en bail à ferme de 3 ans au receveur du Chapitre noble.
Le 8 mai 1727, Théodore et Gilles achètent Gobert Moulin.

Eté 1732 : Ils se plaignent du manque d’eau et souhaitent construire un autre moulin en aval pour utiliser la force de l’eau au maximum.

Le manque d’eau du ruisseau occasionnera pas mal d’aménagement pour pouvoir stocker un maximum d’eau en réserve. Sinon, ils sont obligés d’aller moudre à Gesves, Goyet ou Louvégnée (Ben Ahin).

7 avril 1735 : Théodore reprend en arrentement Neu Moulin au prix de rentes et réparations. Il épousera Agnès Petitjean. Après son décès, Agnès épousera en 3ème noce Lambrert Farcy (1745).

En 1739, Théodore vend sa part à son frère Gilles. Gilles épousera Anne Bertrand en 1740. Il aura un fils unique : Gilles François Tillieux, à la mort de son père en 1775, il reprend la gestion du moulin.

Célibataire, échevin des Francs Alloyen grâce à sa qualité de propriétaire meunier de Gobert Moulin. Ce sera le dernier du patronyme TILLIEUX, il y a une gravure sur une pierre de la grange : « 1780 / G.T. ».

A sa mort, le 10 octobre 1782, il lègue le moulin à ses neveux (jumeaux) Jean-Joseph et Gilles Hanesse. Mais comme ils ont à peine dix ans, c’est leur mère, Marie-Françoise Tillieux, qui reprend la gestion. Elle épousera en 2de noces son petit-cousin, François Debrun.

En 1824, Jean-Joseph Hanesse est le seul propriétaire de Gobert Moulin.

Ensuite, il est racheté par Jean-Mathieu Ernolet, médecin à Andenne. Le nom du moulin change et devient « Moulin Ernolet ».

En 1856, il cède l’activité à Mr et Mme Massart, meuniers.

En 1890, Albert Ernolet. En 1911, Albert Perard, meunier à Andenne. En 1929, Antoine, Léon et Jeanne Putzeys, fermiers jusqu’en 1975.

Depuis quelques années, le moulin avait cessé ses activités.

 

 

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Actuellement, le moulin appartient à la famille Barbiaux qui a entrepris depuis le début des années 90, une magnifique restauration en essayant de garder un maximum de preuves historiques.

Malheureusement, il n’y a plus aucune machinerie visible. Une roue est en construction pour améliorer l’aspect du moulin, mais elle sera essentiellement décorative.

 

 

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A ce carrefour, après avoir passé le ruisseau, prendre à droite et continuer tout droit, un léger virage à droite. Un peu avant, l'endroit de la tannerie. Continuer tout droit, un petit chemin goudronné à gauche ; vous êtes au moulin Neufmoulin.

 

La tannerie

 

 

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Construite vers 1794 par les frères Jean et  Henry Steinbach, son descendant la vendit à la société métallurgique d’Andenne en 1857.

Elle devient caserne provisoire pour la gendarmerie en 1884, entrepôt et logement pour des ouvriers des carrières, espace pour une communauté de toxicomanes, maison pour les Italiens et enfin logement pour anciens SDF.

On pouvait encore voir il y a peu à l’intérieur les grandes tables en pierre des tanneurs. Détruit début 2000 afin de créer un espace de fête.

 

Neu(f) Moulin

 

 

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Nous avons très peu d’informations concernant ce moulin.

Ce moulin a été construit au XVIèS. On cite le nom de Michiel de Queveret comme moulnier le 27 mai 1567.

En 1730, cet endroit comprenait une maison, un moulin, un jardin et un fournil. La réserve d’eau était située en remontant vers Kevret, le long du ruisseau. Une réserve d’eau près de Kevret apportait l’eau au-dessus de la roue.

 

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Vers 1850, la famille Dehan s’installe, le moulin a disparu, il est devenu ferme.

On construira plus tard l’imposante grange, transformée actuellement en belle habitation.

En 1974, la ferme est abandonnée.

En 1984, Monsieur et Madame Beets rachètent la ferme. Complètement rénovée, un parc a été aménagé et on peut y voir deux meules, avec leurs anilles,  en témoignage des origines du bâtiment.

On peut encore apercevoir le rejet dans le ruisseau récemment réparé.

 

 

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Revenir sur la route principale à gauche jusqu'au carrefour et prendre à gauche, ça monte un peu. Continuer tout droit jusqu'au moulin de Kevret : un batiment jaune. Prendre le sentier vers le moulin en passant le ruisseau.

   

Le moulin de Kevret

 

 

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Ce vieux moulin en pierre de grès chaulé aurait été construit au XVèS par la famille Crevecoeur de Keveray. Des ancrages fixés dans le mur de façade indiquent une date : « 1441 » mais il n’y a aucun écrit qui confirme cette date. Très peu d’informations concernant ce moulin.

 

Le moulin est aménagé au cours des siècles, et quelques petites dépendances sont construites lorsqu’en 1935, le moulin devient ferme.

À partir de 1965, il changea souvent d’activité, hôtel-restaurant, brasserie, dancing, …

Depuis 1996, le moulin fut racheté par Stéphane Lindemans représentant la SPRL Alias. Mieke et Stan en ont fait des chambres d’hôtes.

Moulin de Kevret Route de Haillot – 085/844 933.

Nous pouvons admirer encore à l’heure actuelle le mécanisme presque complet du moulin, ainsi que les meules.

 

Mais comment fonctionnait un moulin de ce type ?

 

L’eau qui servait à son fonctionnement provenait de la réserve située à quelques centaines de mètres du moulin en amont. Alimentée par un barrage situé en bas Lion-Fontaine sur le ruisseau Andenelle, une vanne laissait couler l’eau dans le bief naturel qui arrive en final à un bief de  pierre calcaire. Après la chute d’eau sur la roue, elle retournait ensuite dans le ruisseau par un canal souterrain.

Une vanne à l’intérieur du moulin permet au meunier de laisser passer l’eau et de régler la vitesse de la roue : la molleresse.

La roue est le moteur du moulin, elle permet d’actionner toutes les machines à l’intérieur. Il existe plusieurs types de roues, les deux principales étant à aubes ou à augets. À aubes ou par-dessous, l’eau pousse les palettes : vitesse et pression de l’eau, à augets ou par-dessus, l’eau rempli des bacs, créant ainsi un déséquilibre et la roue tourne : poids de l’eau.

 

A Kevret c’est une roue par-dessus, 2 à 5 tours par minute.

La transmission se fait par des axes, des engrenages, des courroies et des poulies.

Dans le bas moulin, l’axe de la roue traverse le mur du moulin et transmet son mouvement aux meules qui se trouvent à l’étage. Un mécanisme de renvoi d’angle permet de passer d’un mouvement horizontal (la lanterne) à un mouvement vertical (le rouet). En jouant avec le diamètre des roues, on parvient à donner une vitesse déterminée pour chaque machine.

La meule peut ainsi tourner entre 80 et 100 tours par minute.

Les dents d’une des roues sont en bois : les alluchons. Elles limitent l’usure du fer, se remplacent facilement, diminue le bruit, ne nécessitent pas de lubrification (utile dans ce lieu poussiéreux) et évitent les étincelles.

La machinerie principale d’un moulin à farine est la meule, elle va par deux, une paire que l’on appelle un tournant. Elles sont en pierre et pèsent environ une tonne. Elles servent à écraser le grain pour en faire de la farine.

Une pierre est posée sur le sol et est appelée « meule dormante », l’autre au-dessus tourne grâce au petit fer qui passe au travers de la dormante, elle est trouée en son centre (l’oeillard) : elle s’appelle « meule tournante ».

La transmission se fait par la fourchette et l’anille. La fourchette termine le petit fer et saisi l’anille en son centre. L’anile est une barre métallique qui est souvent scellée dans la pierre tournante.

 

La partie travaillante n’est pas lisse, il y a des rayons pour faciliter la ventilation et des rayons taillés dans la pierre. Enfin sur environ 15 cm à partir du bord, on creuse de fines stries, des rhabillures. Cette bordure s’appelle la feuillure. Les pierres sont légèrement concaves. On rebat la meule toutes les 50 tonnes de grains moulus. On monte et démonte grâce à la potence.

À Kevret, il y a deux tournants.

 

La mouture

Lors du fonctionnement, les meules sont enfermées dans un coffre en bois appelé archure. Les grains arrivent dans une trémie, le babillard secoue l’auget et les grains tombent dans l’œillard.

Le grain ainsi moulu, tombe en dessous des meules dans une buse en bois (l’anche) et ensuite dans un sac.

100 Kg de grain à l’heure.

La finesse de la mouture dépend du réglage de l’espace entre les deux meules et est ajusté par un mécanisme : la trempure. On ajuste celle-ci à chaque mouture.

 

Le blutage

Une machine permet de séparer les enveloppes (son), des germes (rebulet) et de l’amidon (farine).

Pour la farine intégrale, on ne sépare rien.

Ensuite il y aura le tamisage pour encore filtrer plus fin la farine.

 

L’anille

Elle est devenue le signe des emblèmes attribué aux seigneurs haut justicier. Il était propriétaire d’un moulin banal et obligeait les vassaux à y moudre les grains. S’en suit l’apparition de l’anille dans les armoiries.

Cette forme se retrouve souvent gravée sur une des pierres du moulin.

 

Continuer le sentier, à un carrefour de sentiers, prendre tout droit. 100 m plus loin, un gros arbre avec un marquage GR (blanc et rouge), continuer tout droit : ça descend, vous arriver au clos.

 

Le clos d’équarrissage

 

 

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Pour les anciens qui ont connu le clos en fonctionnement (environ début du XXèS jusque 1925), il reste ce mauvais renom acquis par les mauvaises odeurs qu’il avait répandues dans toute la vallée. Il y avait un petit pont construit pour le passage du vicinal.

Il y a sous le clos, un puit original, il est de forme rectangulaire de 4X3 mètres et à une profondeur de 90 mètres. La partie supérieure est maçonnée de moellons sur environ 15 mètres. Ce puit date du XVIIèS, on y a extrait probablement du plomb et du zinc. Au XIXèS une construction de 22 m sur 7 m aurait été construite sur ce puit.

Le clos a été abandonné vers 1930. Il a été racheté dans les années 90 par un entrepreneur qui l’a rénové et en a fait un appartement.

 

Continuer sur le sentier qui devient goudronné, arrivé à un route plus importante, monter. Dans le virage à gauche, prendre un sentier à droite qui descend continuer sur ce sentier, passer une maison à votre droite, continuer ce sentier et vous arrivez à un route goudronnée, continuer tout droit, jusqu'au cimetière, prendre à droite et ensuite le deuxième chemin à droite qui passe le ruisseau. 100 m à gauche, l'ancienne piperie.

 

La piperie Léonard

 

 

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La fabrication de la pipe en terre est une tradition andennaise qui date de la seconde moitié du XVIIIe siècle. Cette industrie connut son apogée entre 1855 et 1875, autour de plusieurs lignées de pipiers renommés bien au-delà des frontières régionales. Et si Andenelle pouvait il y a peu encore se prévaloir de posséder la seule piperie belge toujours en activité, elle le doit à une et à une seule famille qui a, de père en fils, su résister à l'envahisseur: l'évolution du marché et certains aléas du progrès. Il s'agit de la famille Léonard.

Au début du siècle, la pipe à fumer en terre est progressivement remplacée par la pipe en bois. Alors, Ernest Léonard, le grand-père, développe un nouveau produit, les tuyaux de pipe en terre pour tir forain. Le succès est garanti quand, en 1953, Jules Léonard, le père, lui succède à la direction de la piperie. Il décide de continuer la diversification des activités en s'attachant à la production d'assiettes d'argile utilisées pour le tir au clays. Il veille aussi à la mécanisation de la piperie en investissant dans des machines ultra-modernes. Il ressort également de superbes vieux moules à pipes et relance une petite production artisanale pour collectionneurs. Avec en vedette «la Jacob», une pipe que l'on peut tenir par la barbe du personnage et ainsi éviter de se brûler les doigts ou la pipe «Roi Albert» en tête du hit-parade pour les fumeurs dans les années 20.

En 1986, c'est au tour de Pascal, ingénieur industriel, de se lancer dans les affaires familiales et de créer dans les murs de la piperie «Kéramos», un magasin de produits pour la céramique. Une affaire qui, elle aussi, prospérait puisque les amateurs, étudiants et artistes des quatre coins du pays venaient chez lui se fournir en terre, en outils, ou en fours à cuisson...

La production de pipes de terre pour fêtes foraines continuait, bien sûr, mais sa rentabilité n'est plus ce qu'elle avait été. Alors Pascal Léonard, passionné de tourisme, a décidé de transformer les ateliers familiaux en musée vivant. Les visiteurs pouvaient visiter la fabrique de pipes en activité; admirer une collection de pipes en terre cuite, des outils, des moules et des presses d'antan. Une vieille mécanique de tir aux pipes a été également remise en état.

Il espérait aussi créer un atelier de céramique où il aurait accueilli en stage de formation ou de perfectionnement les amateurs et même les professionnels du travail de la terre. Mais …fin 2008, c’est la fermeture et la vente des bâtiments aux « Logis Andennais ».

 

La derle

 

Pas de pipe sans « blanche derle » terre plastique d’Andenne, extraite des mines et réputée par sa blancheur et sa malléabilité.

Au XVIIèS, les potiers hollandais de Gouda se lancent dans la production de pipes en terre, ils adorent la qualité de la derle andennaise.

D’où l’exportation en masse de derle par bateaux.

Vers 1750, Menicken et Hörter apportent leurs savoir faire de la région de Coblence . Ensuite, la terre est enfin utilisée sur place et les premiers pipiers apparaissent à Andenelle.

 

 Ensuite continuer vers un carrefour en T, prendre à gauche vers l'Eglise sur la Place Tombu.

 L’église Saint-Pierre dite des Sarrazins

 

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 Une histoire mouvementée comme en témoigne son architecture : plusieurs styles et agrandissements avec différents matériaux.

Des carrés et arrondis, du gris et du brun, des pointes et des rondeurs.

 

Un arrêté royal classe une partie de l’édifice : La tour et la nef (8 février 46).

Sarrazins : terme populaire qui reconnaît un âge fort respectable à ce bâtiment.

 

Au XIIè S, les habitants d’Andenelle décident de construire une chapelle qui témoigne de leur richesse, pour se protéger contre le sort mais aussi contre les assaillants éventuels. Il est possible que l’on ait construit cette tour sur d’anciennes fortifications et à un moment, peut-être à un hôpital. Ensuite, elle deviendra endroit de culte.

Elle était autrefois fréquentée par les vignerons. La culture de la vigne à Andenne ne se remit jamais de la crise du phylloxéra de 1863.

 

La partie romane

Une tour carrée, trois nefs de cinq travées et un chœur carré.

La tour est construite en grès et calcaire. Elle est composée de trois étages. Les étages n’étaient accessibles que par une petite porte située au premier étage de côté de la nef centrale. Actuellement vers le jubé.

1er et 2ème étages ont une fonction défensive : lieu de refuge des habitants en cas d’insécurité quand au 3ème étage il contient la cloche et quatre ouïes de plein cintre qui permettent de diffuser le son.

La nef centrale est faite de petites fenêtres à arcatures et lésènes. C’est un décor typique pour le XIIèS mais anormal pour une région rurale, ce qui démontrerait une certaine richesse de la localité (céramique apparue vers 1075 à Andenne). A l’intérieur, les arcades reposaient  à l’origine sur des piliers carrés maçonnés (deux ont survécus contre la tour).

 

XVIèS

Les piliers romans ont été remplacés vers 1550 par des colonnes gothiques en pierres bleues. Les têtes humaines figurées sur la première paire de chapiteaux vers l’ouest évoquent les masques incas connus en Europe après la découverte du nouveau monde (1492).

1772 qui se lit sur la première colonne nord indique probablement le niveau de l’inondation de cette année. Mal lue « 1112 » , elle est souvent l’interprétation de la date de construction de l’église.

 

Agrandissements

1840 : Eglise dans un état lamentable – On exécute les travaux urgents.

1852-53 : Travaux de rénovation – Déplacement de l’entrée (ouest au lieu du nord)

1863-64 : Edifice jugé trop petit est allongé vers l’est par un  transept et par un chœur néo-roman à abside semi-circulaire. Décor à l’identique XIIèS.

1875 : Construction de la route Andenelle – Haillot. Rehaussement du sol et donc accès impossible ; alors on replace l’entrée où elle était en 1853. (Photo de l’église à cette époque).

1922-23 : les bas-côtés et le transept sont fortement élargis (architecte Francken), largement inspiré de l’architecture romane d’Auvergne.

 

Style roman : 1030 à 1150

Gothique : XIIèS au XVIèS

Néo-roman : Fin XIXèS inspiré du roman

 

 

 

 

 

Certains articles proviennent du récit rédigé d’après l’étude de Mr SACRE Jean

 « Des moulins et des hommes sur l’Andenelle au XVIIIè siècle »

 

Photos : Catherine Ravignot et internet